1998 – 2018

Il y a 20 ans jour pour jour, je lançais le label LAB’ORATOIRE avec la sortie du 1° disque de mon groupe de l’époque. Si t’as plus de 30 ans, 1998 ça te rappelle des choses mais sinon probablement rien à part peut être une finale de coupe du monde sur laquelle ton oncle radote à chaque fin de repas de famille alors je te résume l’action.
En 1998, t’as jamais fait de disque, tu cherches des infos. Internet? A l’époque tu as genre 2% de la population connectée, modem 56k #pasdinternet
En 1998, tu n’as pas de home studio (tu peux pas mettre sur soundcloud ton mastering maison) donc tu cherches un studio pour enregistrer et mixer, et vu que tu as un petit budget, tu te prépares pendant des semaines.
Tu dois faire une pochette de disque mais personne autour de toi n’a photoshop ou équivalent donc tu cherches pendant des semaines une âme charitable en system D.
1998, pas d’Internet, alors on sort des vrais disques, principalement en CD, mais aussi en vinyl même si l’industrie de la musique a essayé de le tuer au début des années 90.
La promotion : En 1998, il n’y a pas de forfaits de téléphone illimité. Tu as ton 1° téléphone portable qui ressemble à un gros talkie walkie et un forfait 1h par mois. Du coup tu utilises ton fixe mais tu payes à la communication donc à chaque fois que tu appelles un journaliste ou une radio et qu’on te demande de rappeler tu te dis « et merde encore 1 franc de perdu (bah oui en 98 y a pas d’euros)
En 1998, tu n’as pas un beau tableau excel avec tous tes contacts sur ton laptop (bah nan t’as pas de laptop) mais par contre tu as un joli petit classeur format A5 avec des fiches bristol quadrillées sur lesquelles tu as noté à la main tous tes contacts, que tu as trouvé en achetant l’Officiel de la Musique.
En 1998, tu t’achètes un fax que tu mets au bout de ton lit en espérant recevoir des retours de play-list des radios indés.
En 1998, tu n’as pas forcément de distributeur mais tu peux encore mettre tes disques dans ton coffre et faire le tour des disquaires pour leur vendre en direct (bah oui en 98 il y a encore des disquaires).
En 1998, tu n’as pas de réseaux sociaux, tu peux pas juste lancer un clash sur Instagram donc tu fais ta promo dans la rue avec des flyers et des affiches, et surtout des stickers (#vandal) tu sais que c’est interdit mais t’as pas trop le choix alors tu pars en mission (#adrenaline)
En 1998, tu n’es pas joué sur les radios commerciales parce qu’elles portent bien leur nom. Tu n’es pas chroniqué par la plupart des journalistes de la presse spé parce que tu ne connais pas les « bonnes personnes », comme quoi, les années passent mais certaines choses elles ne changent pas…
20 ans d’indépendance, 20 ans de résistance, merci à tous pour le soutien au fil des années, des projets et à bientôt pour de nouvelles aventures…

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